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L’Hôtel Guimard (1909)

Avenue Mozart

Hôtel Guimard

L’Hôtel Guimard, à l’angle de l’avenue Mozart et de la Villa Flore

Hector Guimard entreprit la construction d’un hôtel particulier, destiné à abriter son domicile, l’atelier de son épouse et ses bureaux d’architecte, dans la foulée de son mariage avec la fille d’un riche banquier américain, Adeline Oppenheim (1872-1965), artiste peintre. Il imagina un hôtel « brique et pierre » pour lequel la pierre constitue le soubassement, l’encadrement des portes et des fenêtres, renforce les encorbellements et sépare les différents niveaux. La brique est appliquée sur la surface des murs.

porte Hôtel Guimard

La porte d’entrée

L’ordonnance de la façade principale, sur l’avenue Mozart, est asymétrique : la porte d’entrée et la petite porte de service sont déportées sur la gauche. L’entrée du personnel se loge sous une tourelle d’angle et un pan coupé, percé d’étroites « meurtrières ». La grande porte d’entrée s’insère dans un arc infléchi, très étiré, dont la moulure contient un décor sculpté de plantes grimpantes. 

 

Frise Hôtel Guimard

Le décor sculpté de la porte d’entrée

Les feuilles de ces plantes s’enroulent et s’élèvent en prenant du relief, puis enserrent le monogramme « H. G. » de l’architecte.

décor Hôtel Guimard 1     dessus porte Hôtel Guimard

A gauche, le monogramme de l’architecte ; à droite, le décor du linteau de la porte d’entrée

Le linteau de la porte d’entrée, frappé du numéro « 122 », semble reformuler le remplage gothique d’une baie, ici en partie aveugle, dont les meneaux, auxquels s’accrochent quelques feuilles, seraient traversés d’une tige en arc de cercle.  

La travée de la porte d’entrée, comme celles formant l’angle de l’avenue Mozart et de la Villa Flore, font saillie sur le mur de brique et gagnent le plan du second étage. Les fenêtres de ce niveau présentent des formats différents et ne correspondent pas nécessairement aux travées du niveau inférieur. Le dernier étage est marqué par un balcon, couvert d’un auvent percé de lucarnes (dont une lucarne d’angle !), dont le garde-corps en ferronnerie tourne à l’angle droit de la façade principale.

Du côté de la Villa Flore, la façade rompt également avec l’ordonnance classique : la brique s’insère en pans irréguliers entre les encadrements en pierre des baies. Elle suit l’ondulation du mur, depuis l’angle gauche jusqu’à la travée de droite.

fenêtre Hôtel Guimard

La grande porte-fenêtre et le balcon du second étage – côté Villa Flore

Cinq fenêtres étroites, séparées par de puissantes consoles de pierre, percent le rez-de-chaussée. Au-dessus, une grande porte-fenêtre presque octogonale, protégée d’une fine tige en ferronnerie, éclaire le premier étage. Au second étage, un garde-corps plus élaboré prend appui sur une corniche qui épouse l’ondulation du mur. Ce garde-corps protège un groupe de fenêtres étroites et de formes différentes. La fenêtre du centre ressort sur un fort massif de pierre.

Une grande baie éclaire le dernier étage, là où avait été aménagé l’atelier d’Adeline Oppenheim. Une ultime travée, à droite, percée de « meurtrières », complète l’ordonnance de cette façade latérale, faisant écho à la travée opposée de l’avenue Mozart.

Hector Guimard prit soin de concevoir lui-même le riche mobilier de cet hôtel particulier où il vécut, avec son épouse, de 1913 à 1930. En 1948, Adeline Oppeheim, alors veuve, décida de faire don à l’État de l’édifice, de son mobilier de style « Art nouveau » et des archives de son époux. L’État refusa le don. Le musée du Petit Palais accepta une partie du mobilier ; l’autre partie fut vendue aux enchères. L’hôtel ne devint pas le musée envisagé par la veuve de l’architecte : il fut découpé en appartements et vendu.

signature effacée Hôtel Guimard

La signature de l’architecte en 2014

Malgré son inscription à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques et la restauration de l’encadrement sculpté de la porte d’entrée en 2006, l’Hôtel Guimard est en mauvais état : ses ferronneries sont en partie rouillées et la signature de l’architecte, très dégradée, est pratiquement illisible.              

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