Inscription Aller à: [ recherche ] [ menus ] [ contenu ] [ montrer/cacher plus de contenu ]



  • Accueil
  • > Basiliques/Chapelles/Eglises

L’église Saint-Pierre-de-Chaillot (1931-38)

Avenue Marceau

st pierre de chaillot

La façade principale

La première église consacrée à saint Pierre remonte au XIe siècle. Elle est remplacée, au XVIIe siècle, par un nouvel édifice, tourné vers la rue de Chaillot, reconstruit en 1740 et renforcé à la fin du XVIIIe siècle. Ce fut dans cette église Saint-Pierre qu’eurent lieu les funérailles de Guy de Maupassant, en 1893, et de Marcel Proust, en 1922.

Sous le Second Empire, les travaux d’urbanisme font naître un nouveau quartier, si bien que la reconstruction de l’église paroissiale, devenue insuffisante en raison de l’expansion de l’ancien village de Chaillot, paraît inévitable. En 1927, la décision de construire une nouvelle église, bien plus vaste, est enfin prise. Entièrement financée par les paroissiens, Saint-Pierre-de-Chaillot illustre le revival romano-byzantin, qui avait émergé à la fin du siècle passé. Chargé du chantier, l’architecte Emile Bois (1875-1960) choisit toutefois d’employer un matériau de construction moderne : le béton armé. Saint-Pierre-de-Chaillot est ainsi l’une des églises parisiennes à ossature en béton armé et revêtement en pierre.

st pierre chaillot clocher

La tour-clocher de Saint-Pierre-de-Chaillot, vue depuis l’avenue Marceau

Sur l’avenue Marceau, Saint-Pierre de Chaillot se signale par sa tour-clocher monumentale, qui flanque le mur-façade. L’accès à l’église s’effectue en empruntant quelques marches par un large portique percé de trois portails en plein cintre, soutenus par de puissants piliers. Un tympan triangulaire enserre le portique d’entrée. En saillie sur le mur nu, il présente la figure de saint Pierre à son sommet et porte des reliefs étagés sur plusieurs registres, illustrant la vie de Pierre et, aux extrémités basses, les figures des saints apôtres.

   

chaillot portique

Henri Bouchard (1875-1960)

La vie et la glorification de saint Pierre, 1933-35, pierre, Paris, tympan de la façade de l’église Saint-Pierre-de-Chaillot

Dans cette vaste composition, Henri Bouchard s’inspire probablement de l’abbatiale Sainte-Foy de Conques. Le sculpteur veille à donner un rythme plastique en détachant plus ou moins les reliefs du fond du mur. Les scènes de gauche illustrent la vie apostolique de Pierre ; celles de droite, sa glorification. 

 

st pierre bas-relief chaillot

Saint Pierre en majesté et bénissant

La figure en majesté de Pierre, coiffé de la mitre papale, bénissant d’une main et tenant les clés du paradis de l’autre main, domine la composition. La mandorle entourant le saint, la verticalité de sa figure et les plis tuyautés de sa tunique, font clairement référence à l’art roman. De même, la petite taille des deux cardinaux, agenouillés et en prière, rappelle symboliquement, à la manière des imagiers romans, la hiérarchie religieuse.

chaillot bas-relief3

La pêche miraculeuse

chaillot bas-relief2

Saint Pierre délivré

chaillot bas-relief1

La Crucifixion de saint Pierre   

st pierre chaillot int2

Vue de la nef et du vestibule d’entrée de l’église haute, prise depuis le bras sud du transept

L’architecte aménage, sur un plan en forme de croix gracque, une église basse ou crypte, ainsi qu’une église haute de même conception, mais beaucoup plus vaste. Dans cette église haute, quatre petites coupoles octogonales encadrent la grande coupole située à la croisée du transept. Un vestibule ou narthex précède les travées de la large nef de l’église haute, bordée de bas-côtés au rez-de-chaussée et de tribunes à l’étage. Les murs conservent un aspect guilloché qui atténue le caractère brut du béton armé. Des statues d’apôtres, par Bouchard, posées sur des consoles en pierre, se dressent entre les arcades séparant la nef et les bas-côtés.

st pierre chaillot int9

Vue de la nef de l’église haute, tournée vers le chœur

Un système d’arcs monumentaux, dont le cintre est repris par de plus petites ouvertures pratiquées dans les murs ou par la forme des fenêtres, caractérise l’intérieur de l’église. A la croisée du transept, le peintre Nicolas Untersteller (1900-1967) applique ses vastes fresques en camaïeu de bruns et or sur la face intérieure des arcs et des piliers.

st pierre chaillot int5

Le décor de la croisée du transept

Prix de Rome en 1928, Nicolas Untersteller est l’inventeur d’une technique de peinture sur béton : à Saint-Pierre-de-Chaillot, il a gravé sa composition au marteau pneumatique, remplit les sillons de chaux et de colorants, avant de peindre l’intérieur des figures. Il illustre la vie de l’Eglise (Alma Mater Ecclesia), dont Pierre est le chef, selon le Crédo : « Église une, sainte, catholique et apostolique ». Il adopte la répartition suivante : « une », vers la chapelle de la Vierge ; « sainte », vers l’autel du Sacré-Cœur ; « catholique », du côté de l’orgue; et « apostolique », vers le maître-autel.

D’inspiration romane, la fresque s’étage en registres superposés autour d’un motif central, avec plusieurs légendes et inscriptions latines. 

  

st pierre chaillot int7

La chapelle de la Vierge (bras nord du transept)

Deux chapelles, coiffées de coupoles construites sur un plan octogonal, occupent les bras du transept. Ces coupoles sont percées de fenêtres hautes et étroites, voûtées en plein cintre et groupées par deux sur chaque face de l’octogone. Un groupe de trois fenêtres plus petites marque le sommet des murs, qui retombent sur les arcades bordant un déambulatoire.

Des fenêtres ornées de vitraux colorés, réalisés par les frères Mauméjean, éclairent la chapelle de la Vierge. Henri Bouchard exécute la statue dorée de l’autel, représentant une Vierge à l’Enfant.

st pierre chaillot int8

La coupole monumentale coiffant la croisée du transept

La grande coupole située à la croisée du transept forme, à l’extérieur de l’église, un dôme octogonal à lanternon, percé de fenêtres étroites à vitraux colorés. A l’intérieur de l’église, cette coupole repose sur des pendentifs géométriques qui semblent s’ouvrir comme les pétales d’une fleur. Elle domine les fresques de Nicolas Untersteller.

st pierre chaillot int3

L’entrée droite du déambulatoire

Quelques marches donnent accès au déambulatoire qui contourne le chœur de l’église Saint-Pierre-de-Chaillot. Les colonnes lisses en pierre, à chapiteau trapézoïdal, les ouvertures en « meurtrière » et l’usage de l’arc en plein cintre, évoquent l’architecture romane. Cet espace plus intimiste mène à une discrète chapelle axiale propice au recueillement. 

.
 

M2a |
Sokawaii |
Gwendophotos |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Antoine LE FAOU
| Nclement
| Les maux de mes mots