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Du palais du Trocadéro (1878) au palais de Chaillot (1937)

Colline de Chaillot

palais trocadéro

Photographe anonyme

Palais du Trocadéro, avant 1928, Charenton-le-Pont, Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine

En 1651, les religieuses de l’Ordre de la Visitation achetèrent le château de la colline de Chaillot, ancienne résidence du maréchal de Bassompierre, pour y fonder un couvent où s’installa Henriette de France, fille du roi Henri IV et veuve de Charles Ier d’Angleterre. Le couvent des Visitandines de Chaillot fut détruit en 1794.

En 1811, Napoléon projeta d’y faire construire la résidence du roi de Rome, son fils et prince héritier. La chute de l’Empire ne permit pas d’aboutir ce projet pharaonique, qui désigna toutefois la colline de Chaillot pour élever un monument à la gloire de l’Empereur, après le retour de ses cendres sous la Monarchie de Juillet.  

En 1826, la reconstitution de la prise du fort du Trocadéro (près de Cadix, en Espagne) par le corps expéditionnaire français commandé par le duc d’Angoulême, fut l’occasion de renommer la colline de Chaillot du nom de ce fort. La parade militaire s’effectua en présence du roi Charles X : la colline de Chaillot, où avait été dressé un décor éphémère en carton-pâte, représentait le fort du Trocadéro, que les troupes françaises devaient assiéger depuis le Champ-de-Mars.

Malgré l’érection d’un arc de triomphe provisoire et la pose de la première pierre d’une caserne militaire, le Trocadéro demeura ensuite en friche jusqu’à l’Exposition universelle de 1878. Dans cette perspective, les architectes Gabriel Davioud et Jules Bourdais érigèrent « une formidable salle de réunions publiques et de solennités », en fait un somptueux palais de style mauresque ou néo-byzantin. Le palais du Trocadéro comprenait deux ailes en forme de demi-cercle, reliées par une partie centrale formant une demi-rotonde flanquée de deux tours. Jean-Charles Alphand dessina les jardins, articulés autour d’une cascade monumentale dressée devant le palais et à la tête d’une allée centrale en pente douce vers la Seine, bordée de parterres aménagés.

Architecture jugée provisoire dès sa conception, le palais de Davioud et Bourdais survécut quelques temps encore. L’édifice se dressait toujours sur la colline de Chaillot lors des expositions universelles de 1889 et de 1900. Il accueillit plusieurs musées en son sein : le musée des monuments français, créé par Viollet-le-Duc en 1879, et l’ancêtre du musée de l’Homme. Entre 1882 et 1925, un musée indochinois constitué des collections d’art khmer issues des voyages de Louis Delaporte au Siam et au Cambodge occupa l’aile de Passy, avant d’être versée au musée Guimet.

La destruction du palais du Trocadéro, dont l’architecture était fort décriée au début du XXe siècle, paraissait inéluctable. L’exposition universelle de 1937 précipita son remplacement, même s’il fut d’abord question de masquer ses façades par mesure d’économie.

  

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Le palais de Chaillot et les jardins du Trocadéro, vus du premier étage de la Tour Eiffel

Le projet élaboré par les architectes Léon Azéma, Jacques Carlu et Louis-Hippolyte Boileau reprit l’ossature de l’ancien édifice, notamment les ailes en demi-cercle, les verrières et la fondation des colonnades. En revanche, la partie centrale céda la place à une large esplanade située dans l’axe de la Tour Eiffel, du Champ-de-Mars et de l’École militaire.

Le palais de Chaillot contraste singulièrement avec le style décoratif du palais du Trocadéro. Son architecture plus épurée et monumentale, que Léon Azéma qualifiait de style « néo-romain », tout comme la répétition implacable des mêmes modules, caractérisent l’architecture des années 1930. La simplicité de ses volumes, qui semblent s’emboîter, et le strict cantonnement de la sculpture ornementale, sont issus des canons de l’ « Art Déco ».

Le palais de Chaillot se compose de deux ailes curvilignes (« Passy » au sud-ouest et « Paris » au nord-est) flanquées de pavillons, autour d’une esplanade centrale. Point de vue spectaculaire sur la Tour Eiffel et le Champ-de-Mars, la terrasse supérieure du palais de Chaillot (désormais « Esplanade des Droits de l’homme ») est bordée de bassins et de statues dorées de huit figures allégoriques représentant Les Oiseaux, Les Fruits, Flore, Le Matin, La Campagne, La Jeunesse… Des groupes monumentaux sculptés par Raymond Delamarre et Carlo Sarrabezolles dominent la façade des pavillons, du côté des jardins. 

La terrasse supérieure avance jusqu’à une balustrade de pierre et s’étend, à gauche et à droite, jusqu’aux doubles volées d’escaliers menant aux terrasses inférieures et aux jardins.

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Deux groupes sculptés en bronze ornent les terrasses intermédiaires du palais de Chaillot : du côté de Passy, Hercule domptant un bison, par Albert Pommier (1880-1973), et du côté de Paris, Apollon musagète, par Henri Bouchard (1875-1960). 

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Deux figures allégoriques représentant Pomone, par Robert Wlérick, et Flore, par Louis Lejeune, ornent les rampes des escaliers aboutissant à la terrasse inférieure, au fond de laquelle se dresse le grand foyer du théâtre de Chaillot, dont les salles sont creusées sous le parvis. Ses neuf hautes baies rectangulaires sont surmontées de bas-reliefs symbolisant La Poésie, La Musique et Le Théâtre, par Emmanuel Auriscote, Henri Navarre, Claude Grangé, Firmin Michelet et Paul Belmondo.

Le palais de Chaillot abrite plusieurs musées. L’aile de Paris renferme le Théâtre National de Chaillot et la Cité de l’architecture et du patrimoine, comprenant le Musée des Monuments Français, l’Ecole de Chaillot et l’Institut français d’architecture. L’aile de Passy accueille le musée de l’Homme et le musée de la Marine.

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Restructurés en 1937,  les jardins du Trocadéro conservent les principes qui présidèrent à sa création en 1878 : des parterres autour de fontaines jouant les eaux et, de part et d’autre, une partie boisée à la manière des jardins du Second Empire, composés de petits sentiers, de ponts en ciment moulé, de cascades. En revanche, les jardins de 1937 présentent un type de fontaine très différent : une série de bassins en cascade dominant un grand bassin, qui comprend un impressionnant dispositif de vingt canons obliques, répartis en quatre groupes de cinq, pointés vers la Tour Eiffel, auxquels s’adjoignent cinquante-six gerbes d’eau. 

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A la tête du bassin, appuyées sur de hauts socles, deux grandes statues en pierre ornent la tête du bassin : L’Homme, par Pierre Traverse (1892-1979) et La Femme, par Daniel Bacqué, accompagnées de deux groupes animaliers en bronze doré. 

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Pierre Poisson (1876-1953)

La Jeunesse, 1937, pierre, Paris, jardins du Trocadéro

La partie inférieure du bassin est encadrée par deux blocs sculptés en ronde-bosse représentant La Jeunesse, par Pierre Poisson, et La Joie de Vivre, par Léon Drivier. 

Le bois nord des jardins du Trocadéro

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Vue tournée vers l’aile de Paris du palais de Chaillot. 19 janvier 2013

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Une allée sous la neige, le 19 janvier 2013

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La Tour Eiffel, vue depuis le jardin nord du Trocadéro. 19 janvier 2013

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